Nous avons une mission ! Une mission de sauvetage. Nous sommes toujours dans la Forteresse des Voiles et nous préparons à notre mission. Les Veilleurs du Reflet nous réapprovisionnent en rations, torches et autres consommables, puis après une bonne nuit de sommeil, Elowen nous accompagne à l’extérieur de la forteresse pour nous téléporter. Valysara se tient à côté, nous remercie encore d’avoir accepté la mission de retrouver Gromak et son équipe, et nous rappelle que nous pouvons toujours demander de l’aide aux Veilleurs Silencieux pour les contacter.

Elowen incante, et l’instant d’après nous nous retrouvons au milieu d’une forêt, sur un cercle en pierre dessiné au sol. Nous sommes au sud de Gardeval, à 3 ou 4 jours de marche. Durdwyn se repère assez vite et nous indique le chemin ; nous tombons rapidement sur une route pavée qui se dirige vers le nord. Après quelques moments de marche, nous entendons un vieil homme assis par terre sur le côté du chemin, en train de pleurer. Il est inconsolable parce qu’il a perdu sa poule. Il semble vraiment très affecté : il nous dit qu’elle est magnifique et qu’il a tout essayé. Ce monsieur s’appelle Roland, et je remarque qu’il semble avoir une très mauvaise vue, ce qui m’inquiète quant à la poule en question : est-ce vraiment une poule ? On décide d’aller quand même faire un petit tour.

Fenry et Aedan finissent par trouver la bête : elle fait un bruit strident, de grandes ailes membraneuses se déploient et elle nous attaque. Aedan est surpris par la bête, mais elle ne lui fait pas bien mal. C’est une Cockatrice ! Durdwyn court chercher l’homme, pendant que je tente de l’immobiliser. L’homme revient, mais Aedan l’empêche de s’approcher de peur qu’il se fasse attaquer. Elle semble se calmer en sa présence, et lâche une sorte de caquètement comme si elle faisait semblant elle-même d’être une poule ! Je la lâche donc, et ils se retrouvent. Roland nous dit fièrement qu’il a gardé de nombreux œufs de Beauté chez lui, ce qui nous inquiète encore plus. On décide donc d’aller faire un tour chez lui, suivis bon gré mal gré par Beauté. Nous arrivons devant un petit hameau d’une vingtaine de maisons, Stratham. Dès qu’on approche, deux villageois, dont une femme nommée Sonia, nous interceptent d’un air mécontent et nous disent qu’ils ont demandé à Roland de ne plus revenir avec son animal de malheur. On finit par comprendre que Roland a la mauvaise habitude de perdre assez fréquemment ses animaux de compagnie dans la forêt, et d’en ramener d’autres, plus dangereux les uns que les autres : un piranha au lieu d’un poisson, un loup au lieu d’un chien, une cockatrice au lieu d’une poule. Le fils de Sonia a été pétrifié pendant 24 heures, et son mari mordu par un loup. On décide d’aller voir ses œufs quand même. Sa petite masure n’est pas en très bon état, et à l’intérieur se trouvent de nombreuses étagères remplies d’œufs, au moins une quarantaine ! Beauté se précipite sur un petit tas de paille qui semble préparé à son intention dans un coin, ajuste son panier, et se couche, en nous fixant d’un air suspicieux. A priori, les œufs ne sont pas fécondés et ne présentent pas de risque ; on conseille à Roland de mettre une laisse à Beauté. On discute un peu de la région avec Roland. Il nous dit que le seigneur actuel de Gardeval, Fergus Cousland, est un peu « perturbé » d’avoir perdu toute sa famille. Par « perturbé », comprendre « zinzin » : il paraît qu’il parle avec les loups. Aedan n’aime pas trop entendre ça, devient un peu agressif, et quitte Roland. Avant de quitter le village, on conseille à Sonia de ramener un animal inoffensif à Roland la prochaine fois qu’il perdra son « animal » de compagnie actuel : de toute façon, il ne verra pas la différence.

On reprend la route vers le nord. Aedan et Durdwyn sont en tête quand deux jeunes hommes d’une quinzaine d’années surgissent des fourrés en pointant une rapière sur nous. Ils sont tous dégingandés, ont des boutons d’acné et nous crient, d’une voix encore en train de muer : « Halte-là, nous sommes les jumeaux Miford ! » Aedan ne s’arrête même pas et Bastion bouscule l’un d’entre eux. Par pitié, on leur donne une pièce d’or ; ils sont ravis. On discute un peu avec eux et on tente de les convaincre qu’ils ne sont pas faits pour ça. Aedan, Durdwyn et Maeldryss les rudoient un peu, mais pas trop méchamment. Ils connaissent les noms des Boucliers du Poney et sont impressionnés. On finit par les laisser, et trouver un coin tranquille pour monter le camp.

Durdwyn et Maeldryss mangent une omelette d’œufs de cockatrice, tandis qu’Aedan et moi mangeons nos rations, par prudence. A priori c’est très bon. La nuit se passe tranquillement et le lendemain le trajet est sans encombre. Nous avons même le loisir de dormir dans une auberge et donc dans des lits confortables !


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